La salamandre se forme peu à peu au fond des entrailles de Marie. Elle s’éveille lentement après des âges en sommeil.
Effie l’a appelée, portée par le vent.
Sibelle l’a secouée, à chaque orgie rituelle.
Mais c’est le chagrin qui l’a fait naître des flammes. Sous le choc d’une séparation, le cœur s’est mis à battre.
Après l’elfe, après la sirène, voici le règne de la salamandre qui commence. L’éveillée a entrepris sa marche, à la recherche de la vérité, sa vérité.
La quête sera sans fin, jusqu’au moment du passage de l’autre côté du miroir.
Qui est-elle réellement ?
Que veut-elle précisément ?
D’où elle vient importe peu, seul où elle va a un sens.
Telle une étoile, elle illumine le chemin que le feu dévorant dessine pour elle, pas à pas.
Elle s’interroge et elle écoute.
Les réponses lui parviennent incidemment, instinctives. A chaque découverte, quelques lambeaux de peau se détachent de son corps, telles des couches d’ignorance qu’elle abandonne derrière elle.
La salamandre mue.
Elle comprend qu’il n’y a qu’une voie à suivre pour vibrer. Elle doit suivre la voie de son âme, sinon c’est la perdre.
Les jaloux, les peureux tenteront de l’en dissuader. Mais elle s’accrochera, le feu ne la consumera pas, car elle est née des flammes.
Saphir est son nom.
Plus aérienne que l’elfe, plus envoûtante que la sirène, Saphir la flamboyante brille de mille feux.

(extrait de « Monologue de l’ange », Effie Bel)